Le passé nazi de la Sparkasse Hagen
Sparkasse an Volme und Ruhr (Caisse d’épargne de la Volme et de la Ruhr)
Commentaires de la presse sur l’audience de la Cour d’appel de Hamm du 26 mars 2025
Expropriation de biens juifs par la caisse d'épargne de la ville de Hagen
Le nom de Simson Cohen est représentatif des injustices commises à l’encontre de nos concitoyens juifs sous la dictature nazie et des souffrances indicibles qu’elles ont causées.
Des sbires SA ont attaqué la propriété de Simson Cohen au Hohen Graben 2 à Hagen (Volme Haus, NRW) dans les années 30, ont démoli les meubles, ont jeté le piano dans la Volme , ont abattu le chien et ont brutalement battu Simson Cohen. Il a ensuite dû se réfugier avec sa famille en Suisse, à Berne, où il a succombé à ses blessures dues à l’agression. La propriété du Hohen Graben 2 a été reprise par la ville de Hagen (expropriation) et vendue à des particuliers par le biais d’hommes de paille.
En raison des lois militaires alliées, l’office d’indemnisation de la ville de Hagen a mené des négociations avec les héritiers de Simson Cohen après la fin de la Seconde Guerre mondiale afin d’obtenir une indemnisation pour le bien immobilier exproprié. Les héritiers étaient représentés par la communauté juive de Dortmund. Un accord juridiquement valable n’a cependant pas été conclu ; l’accord écrit nécessaire du conseil municipal de Hagen fait toujours défaut. L’historien en chef de la ville de Hagen n’a pas non plus pu apporter d’aide à ce sujet. En outre, le versement éventuel de l’indemnité aux héritiers ne peut pas être prouvé. Le descendant de Simson Cohen, qui vit en Suisse, va donc intenter une action en justice pour obtenir des informations sur l’existence de l’accord écrit du conseil municipal.
Une autre affaire pendante devant la Cour d’appel de Hamm (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) concerne l’expropriation des avoirs bancaires d’Arthur Levy, gendre de Simson Cohen, à l’ancienne Sparkasse Hagen pendant la période nazie des années 30 (aujourd’hui Sparkasse an Volme und Ruhr). Simson Cohen et Arthur Levy avaient tous deux un compte bancaire à la Sparkasse de Hagen. Simson Cohen disposait en outre d’un dépôt de titres qui a également été exproprié. Ce cas juridique est également lié à l’étude commandée par le gouvernement allemand sur les fonds en déshérence (Social Impact Fund). Il en ressort que les caisses d’épargne allemandes ne se sont pas suffisamment acquittées de leur obligation de tenir un registre des avoirs en déshérence (les « comptes dormants ») ; une banque doit utiliser tous les canaux de communication pour retrouver les descendants des titulaires de comptes ayant droit à la succession. On peut supposer qu’il existe encore quelques milliards d’euros de « comptes dormants » en Allemagne. La Sparkasse Hagen (zu Volme und Ruhr) n’a cependant jamais fait de recherches sur d’éventuels descendants d’Arthur Levy qui pourraient revendiquer le solde du compte. Même après avoir été contactée par le descendant d’Arthur Levy, la Sparkasse an Volme und Ruhr n’a pas fait d’efforts pour engager la conversation avec le descendant.
Dans le cadre de l’étude susmentionnée sur les fonds en déshérence, les caisses d’épargne tentent actuellement de ne plus être tenues de communiquer sur les comptes personnels en vertu de la loi sur la liberté d’information (IFG) de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Les experts consultés s’opposent cependant à ces modifications de la loi IFG NRW.
Le cas de Simson Cohen et d’Arthur Levy montre avec force que l’injustice nazie doit toujours être justiciable et que l’État allemand a toujours le devoir d’effectuer un travail d’explication en ce qui concerne l’expropriation des biens juifs. La justice n’a pas de date de péremption.
La République fédérale d’Allemagne a toujours accordé une priorité particulière à la réparation morale et financière des injustices commises par le régime nazi. Les paroles doivent maintenant être suivies d’actes.